« « Ce n’est pas le procès des enquêteurs », la rejoint Céline Astolfe, avocate de la Fondation pour l’Enfance, également partie civile. Après un fastidieux calcul réalisé à partir des journaux intimes et de l’ensemble du dossier, elle estime à 86 le nombre de potentielles victimes oubliées : « 26 prescrites à l’évidence, 32 non prescrites, et 28 qu’il faudrait entendre pour savoir si elles pourraient être non prescrites. »
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A peine arrivée à Vannes, le 3 mars, Marie fonce au commissariat porter plainte : « La policière m’entend, me croit, c’est le début de la libération. » Puis elle file au tribunal, où elle rencontre Céline Astolfe, qui devient son avocate. L’espoir renaît. « Elle aussi me croit, je me sens enfin légitime, rapporte Marie. Ça fait trente-trois ans que j’attends cela. » Les audiences la bouleversent. « Les témoignages ressemblent à mon histoire, livre-t-elle, c’est comme si je vivais mon procès par procuration. » Son avocate a demandé que sa mère – qui depuis peu la croit – et sa grand-mère soient entendues dans le cadre de la nouvelle enquête. Elle espère que l’assurance-maladie a gardé une trace de son opération.
« J’attends que la justice me reconnaisse comme victime. J’en ai besoin pour avancer. Sans cela, c’est comme vouloir faire un deuil sans avoir le corps. C’est un véritable parcours du combattant, mais je ne lâche rien. » »
(cliquer ici pour lire l’article du Nouvel Obs du 22 avril 2025 dans son intégralité)