Procès de Joël Le Scouarnec : une affaire « entrée par effraction » dans la vie de nombreuses victimes, sans souvenirs d’actes subis sous anesthésie

« Sandrine témoigne de ce sentiment d’« illégitimité » lié à l’effet « trou noir » : « Je ne ressens pas le fait d’être victime dans mon corps, ni dans ma chair. » Pourtant, après le « choc » de l’annonce, elle a souffert pendant six mois « d’anxiété, de troubles du sommeil et d’un blocage dans l’intimité. Je voulais que personne ne m’approche ou ne me touche ». La psychologue qui l’a examinée a diagnostiqué un trouble de stress post-traumatique consécutif à « la révélation des faits ». Au point que Sandrine et ses proches se sont un temps demandés pourquoi la justice était « venue la chercher » alors que « tout allait bien dans sa vie ».

« Des images mentales se sont créées »

Cet argument pourrait être repris par la défense de Joël Le Scouarnec pendant le procès. Lors de son interrogatoire sur les faits concernant Sandrine, l’accusé avait ainsi déclaré aux enquêteurs : « Ce n’est pas pour me défiler ou me dédouaner, mais un certain nombre de traumatismes sont liés non pas aux faits eux-mêmes, mais à leur révélation plusieurs années après par l’enquête judiciaire. » 

De quoi faire bondir Céline Astolfe, avocate de l’association Fondation pour l’enfance, qui s’est portée partie civile : « Cette affaire est entrée par effraction dans la vie de nombreuses victimes. On imagine la déflagration que cela peut représenter et les conséquences collatérales pour la famille. » Si elle reconnaît que « certaines victimes auraient peut-être fait le choix de ne pas savoir qu’elles l’étaient », la pénaliste insiste sur « la singularité » de cette affaire. « On arrive aux victimes par l’auteur, ce qui n’est pas le quotidien d’un enquêteur, pointe-t-elle. Cela n’a pas été un travail facile de remonter jusqu’à elles et de le leur annoncer. » »

(cliquer ici pour lire l’article de France Info du 5 mars 2025 dans son intégralité)

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